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  • Gaëtan Delerue

Kerterre... Le retour !

Déroulement


Nous avons eu la chance d’accueillir un initié dans le domaine de la construction de Kerterres : Jean Luc.

Il a déjà participé à de nombreux chantiers. Sa présence et son accompagnement nous ont soulagés sur les questionnements d’ordre technique. C’était un réel atout de l’avoir auprès de nous car, sans lui, de nombreux détails n’auraient pas été mis en place par manque d’informations sur internet.



Jean Luc est chaudronnier de formation et artiste de profession c’est donc pourquoi cette Kerterre est une oeuvre d’art. Une œuvre construite par la force de plusieurs générations : des jeunes, des moins jeunes mais tous motivés pour apprendre une façon différente de construire avec les moyens du bord.


L'intérêt de la Kerterre est qu’il n’y a pas de prérequis, je me souviens que Jean Luc nous avait dit d'oublier tout ce que nous connaissions du bâtiment, car cette habitation est avant tout une expérimentation.


C’est-à-dire qu’il n’y en aura aucune identique à une autre, elle se fait avec les matériaux qui se trouvent sur le terrain, a une forme arrondie mais ce n’est pas un rond parfait, sa taille est variable. Il nous a d'ailleurs conseillé de commencer petit pour ne pas nous décourager et voir rapidement l’avancement.


Le conseil que je peux vous donner, si vous souhaitez construire une Kerterre vous aussi, c’est de ne pas voir trop grand dès le départ, commencez par une petite création. Une fois que vous aurez maîtrisé toutes les techniques, vous pourrez en faire une plus grande, autre part ou même côte à côte pour créer une ouverture par la suite et avoir deux pièces.



Les différents mélanges de mortier


Unité de mesure = seau


Base du mur : 2 seaux d’eau, 2 seaux de chaux, 7 seaux de paille, 1 seau

d’argile, 1 seau de tuiles concassées


Environ 30-40 cm de haut : 4 seaux d’eau, 6 seaux de chaux, 6 seaux de sable, 2 seaux d’argile


Environ 1 mètre 7 seaux d’eau, 9 seaux de chaux, 12/13 seaux de sable

Niveau de la voûte : 7 seaux d’eau, 9 seaux de chaux, seaux de sable



Les outils utilisés (cliquez ici pour télécharger notre tableau des outils utilisés pour la construction d’une kerterre)


- Deux paires de gants (par personne pour éviter que la chaux attaque les mains, nous avons utilisé des gants jetables pour la première couche puis des gants en latex assez longs pour protéger tout l’avant-bras. Nous travaillons en T-shirt pour certains, le soleil était avec nous, mais si vous ne craignez pas la chaleur vous pouvez mettre des manches longues.)

- Des pelles pour creuser le trou pour récupérer l’argile.

- Un tamis pour tamiser l’argile et les tuiles concassées.

- Des truelles afin de faire l’enduit de corps de la Kerterre.

- Des seaux pour transporter tous les différents ‘’ingrédients’’ utiles aussi comme unité de mesure pour le mélange.



Les différentes étapes du chantier



Les deux premiers jours nous avons effectué le drain, c’est-à-dire que nous avons creusé un trou qui délimite sa taille, et nous l'avons rempli de graviers et de bouts de tuiles.


Une fois le drain mis en place, nous avons installé environ 30 cm de tuiles tout autour de la surface de construction afin de sécuriser l’étanchéité à l’eau.


Ensuite nous nous sommes attelés à la préparation du mélange paille, terre, chaux, sable, dans deux baignoires pour monter les murs.


L’argile était présente en grande quantité sur notre terrain, et elle était assez pure pour notre construction (https://www.mecoconcept.com/fr/test-du-bocal/)


Nous avons donc creusé un trou de l'autre côté du terrain, pour récupérer l’argile et ensuite la faire passer au ‘’stand de tamisage d’argile’’ afin de dissocier les cailloux et l'argile et la rendre plus “pure”.


Nous faisions la barbotine dans une des deux baignoires (argile +eau consistance crémeuse).



S'ensuivit la récupération de tuiles de terre cuite cassées pour les concasser afin d’avoir de petits cailloux pour solidifier la structure : nous utiliserons cette technique jusqu'à la moitié du mur environ, pour avoir une meilleure rigidité.



Préparation du mortier : Tout d’abord il fallait mélanger l’eau, le sable, la chaux hydraulique NHL3, la barbotine, les tuiles concassées. Nous avons utilisé nos mains pour mélanger et lorsque cela devint trop dur nous avons continué avec des fourches.


Utilisation du mortier : On prend une poignée de paille (grandes fibres) que l’on a au préalable trempée dans le mortier afin qu’elle soit bien imprégnée de barbotine pour garantir une solidité globale.


On ira la placer au fur à mesure en montant progressivement,




Une fois le drain fait et les tuiles posées, nous avons placé nos premiers mélanges (paille, argile, sable, chaux, eau) et nous avons pris soin de prendre de grandes fibres pour une meilleure solidité et une meilleure accroche entre les fibres tendues. On les a positionnées de l'intérieur vers l’extérieur. Il faut faire en sorte de les croiser pour qu'elles se lient les unes aux autres.


Pour la base du mur nous avons projeté le mélange afin qu’il s’accroche plus facilement à la structure, puis une fois que nous avions une certaine base nous nous sommes attelés à la mise en place de grandes tiges de paille.





Durant les premiers centimètres du mur, nous y avons inclus l’entrée de la porte orientée sud, que nous avons fait en briques de terre cuite, nous avons également intégré deux fenêtres. On pensera également à les tenir avec des bois ou des étais le temps que le mortier scelle les fenêtres et que l’on monte le mur, afin d’avoir une stabilité optimale.


Il est important d'intégrer la porte dès le début et ensuite de prévoir l'emplacement des fenêtres avant d’arriver au mur d’un mètre de hauteur.

Nous avons commencé à pencher le mur à partir d’un mètre, en plaçant le mortier plus vers l'intérieur et le niveau d'épaisseur du mur diminue par la suite également pour arriver à environ 8 cm au niveau du skydôme pour environ 30 cm pour le bas.







N’ayant pas suffisamment d’étais sur place, nous avions décidé de prendre des branches de noisetier que nous avons coupées la veille de la pleine lune, pour que la montée de sève se fasse. Pour courber les branches pour les utiliser comme ossature du toit de notre Kerterre.





Nous avons planté dans le mur les branches, tous les 20-30 cm environ, nous les avons liées entre elles avec de la ficelle, ensuite nous avons continué à placer notre mélange sur la structure en bois.

Une fois l’intégralité bien sèche (plusieurs jours après) nous avons coupé les branches pour avoir un peu plus de place en hauteur, mais il est possible de les laisser pour l'esthétique.




Une fois toute la structure finie, nous avons effectué deux enduits de finition, qu’on appelle lait de chaux, afin d'imperméabiliser la structure. il est important de mettre l’enduit du haut vers le bas, la pluie pourra s’écouler correctement.


Un petit détail technique à ne pas oublier de mettre en place, est la création de "sourcils" sur la structure pour faciliter le bon écoulement de l’eau pour qu’elle ne stagne pas sur la Kerterre.





Si vous souhaitez à votre tour créer une Kerterre, je vous conseille vivement de vous entourer d’au moins une personne qui a déjà construit une construction similaire, car il est vrai que c’est accessible à tous, mais il y a beaucoup de détails à prendre en compte.


Ce fut un réel plaisir de pouvoir partager ce moment avec tous les participants, et je recommencerai avec plaisir.






Remerciements


Je tiens à remercier tous les participants qui sont venus durant cette semaine de chantier participatif :)

Merci : Caroline, Claire, Hugues, Justin, Jean Luc, Dorothée, Morganne, Rémy, Rudy, Cécile, Steph, Flo, Nicolas, Foedora, Benjamin, DD, Pierre, Alexandre, Anaïs,Maurice, Yann, Raphaelle, Jean, David, Dominique.


Et je tiens à remercier le réseau Twiza pour leur aide, pour la création du chantier, et pour tout ce qu’ils font et qu'ils continuent de faire, sans qui tout ça n'aurait pas été possible.




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